Eliška raconte ses souvenirs de Pâques...

« Je t'envoie ici mes souvenirs personnels comment nous avons fêté Pâques dans ma famille. Nous ne sommes pas une une famille trop religieuse, donc il s'agit surtout des traditions du lundi que nous avons pratiquées avec le groupe de nos amis...

Le weekend avant Pâques, les filles ont coloré les œufs avec les techniques différentes. C'est toujours plus rigolo de colorer les œufs avec d'autres femmes. On apprend d'autre techniques et ça permet de discuter en même temps. Les garçons sont sortis entre temps pour aller chercher les verges de saules. Il faut que ça soit des verges de bonne taille et qu'elles soient fraîches pour que la pomlázka puisse se facilement tresser. (et pour les filles ça fait plus mal). Il est assez difficile de tresser la pomlazka tous seul, mieux est quand quelqu'un le tien d'un côté et que l'autre tresse. Ça fait alors aussi plus de convivialité entre les garçons. Il y a également différentes techniques pour tresser une pomlazka. La plus simple est pratiquée avec 4 verges, plus souvent 8 verges, mais il y a même des techniques jusqu'à 20 verges.

Le lundi matin, les garçons ont fait alors ensemble le tour des filles et ils ont fouetté chacune d'elle. Personne n'est épargné et l'âge ne joue pas de rôle. Au village, il est normal de faire le tour de toutes les maisons, même si on ne connait pas les personnes dedans. A Prague, les garçons font souvent le tour des filles qu'ils connaissent uniquement. Les garçons doivent accompagner leur fouettement par un poème. Ils existe quelques uns de très connus, mais j'ai, à chaque fois, apprécié beaucoup plus les garçons qui sont venus avec un poème original ! Nous, les filles, nous avions droit de courir et éventuellement nous protéger avec de l'eau. Nous avons donné au garçons qui nous ont fouetté en revanche notre œuf coloré, un ruban coloré pour mettre sur leur pomlazka, du chocolat, ou de petits pains d'épice avec des motifs de Pâques. Au village, c'était aussi un moyen pour les enfants de gagner un peu d'argent et pour les adultes de boire à chaque tour d'une maison un verre d'alcool (il y a beaucoup d'ivrogne lundi matin) !

L'intérêt de fouetter n'est pas de faire du mal (même si les jeunes garçons adolescents en profitent parfois ), mais de montrer l'intérêt de l'homme pour la femme. Le fait d'ignorer certaines filles et ne pas les fouetter peut au contraire être considéré mal. Moi personnellement, j’étais très triste quand j'ai fêté mon premier Pâque à Lyon car personne ne venait me fouetter. D'après la tradition, c'est pour que la femme garde l'année prochaine la santé, vitalité et fertilité. Les garçons comparent à la fin de la mâtinée ce qu'ils ont gagné, dès fois il y a des œufs vraiment exceptionnels. Ce que les garçons ont récupéré sert pour un bon petit déjeuner, pris ensemble, avec Mazanec et Agneaux en brioche.

Quand j'étais enfant, nous recevions aussi un petit cadeau qui a été toujours un vêtement. C'était pour que l'agneau ne puisse pas faire de caca sur nous. Intéressant comme tradition, mais ce n'est pas l'invention de notre famille..... Les garçons plantent leur pomlazka en la terre près d'un ruisseau pour qu'elle puisse pousser et servir l’année suivante pour tresser une nouvelle pomlazka ».