Association Franco-Tchèque de Lyon / Česko-francouzská asociace v Lyonu

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"Giboulées de Soleil", de L.Horňáková-Civade, à Francheville

lundi 20 février 2017, par Gilles

La Médiathèque de Francheville recevra la romancière tchèque Lenka Horňáková-Civade le samedi 11 mars matin à 10h30. Lenka Horňáková-Civade a reçu le prix Renaudot des lycéens 2016 pour son roman « Giboulées de soleil ».

Plus d'informations sur le site de la médiathèque de Francheville

Giboulées de soleil

samedi 21 mai 2016, par Gilles

Giboulées de soleil, de Lenka Hornakova-Civade, est sorti ce printemps aux éditions Alma.

Aujourd’hui, la province de Moravie fait partie de la République tchèque. Mais quand y vivait, à la fin des années 1930, Magdalena, l’une des trois héroïnes narratrices de la saga familiale de Lenka Hornakova-Civade, le pays s’appelait encore la Tchécoslovaquie. Une deuxième guerre mondiale plus tard, après la victoire du Parti communiste aux élections de 1946, la jeune Morave est fille de ferme, employée dans "la plus belle famille du coin", propriétaire d’une biscuiterie dans un village rural tout près de la frontière autrichienne. C’est le début de la réforme agraire, de la collectivisation des terres. Magdalena, née à Vienne que sa mère a quittée en 1938, après avoir été abandonnée par un gynécologue juif qui a fui les nazis, est une fille sans père. Comme sa fille Libuse qu’elle met au monde en 1948, comme sa petite-fille Eva qui naîtra vingt et un ans plus tard. Des "bâtardes" aux yeux de la communauté. Mais sous la plume souple de la romancière, ces femmes sont en réalité des guerrières insoumises qui n’ont pas seulement hérité de "la faute", mais d’un instinct de survie à l’épreuve des balles de l’Histoire. Une liberté d’être qu’incarne particulièrement la première de la lignée, la mère de Magdalena, née en 1904, une rude matriarche dure au mal, sage-femme expérimentée qui va armer ses descendantes de leçons sur le refus de la honte et de la pitié. Lenka Hornakova-Civade embrasse à travers ces trajectoires singulières l’histoire contemporaine de cette Europe centrale où elle est née en 1971, membre de la même génération que la plus jeune des héroïnes de Giboulées de soleil, celle qui a eu 20 ans quand le Mur est tombé. Mais, comme Libuse qui rêvait de Paris, l’écrivaine a choisi il y a vingt-cinq ans la France - et le français - dans laquelle elle a écrit ce premier roman alerte.

(source : Véronique Rossignol, Livres Hebdo)

Pour en savoir plus et acquérir le livre :

www.lenka-civade.com
www.facebook.com/Lenka.Hornakova.Civade

L'autre Ville

jeudi 2 avril 2015, par Gilles

Ce 2 avril paraît, aux Editions Mirobole, le roman "L'Autre Ville", de Michal Ajvaz, traduit du thèque par Benoît Meunier.

Dans une librairie de Prague, un homme trouve un livre écrit dans un alphabet inconnu et l’emporte chez lui ; bientôt l’ouvrage lui ouvre les portes d’un univers magique et dangereux. À mesure qu’il s’enfonce dans les méandres de cette autre ville, il découvre des cérémonies baroques, des coutumes étranges et des créatures fascinantes ; derrière la paisible Prague des touristes, des cafés se muent en jungles, des passages secrets s’ouvrent sous les pieds et des vagues viennent s’échouer sur les draps...


Livre hypnotique entre merveilleux et surréalisme, L’Autre Ville est une ode à la quête, et au courage nécessaire pour affronter les nouveaux mondes qui ne cessent de nous appeler.

Plus d'information sur le site de l'éditeur
 


"Entre Seine et Vltava"

lundi 1 décembre 2014, par Gilles

Les Editions Non Lieu ont sorti, en octobre dernier, la version française de "Entre Seine et Vltava", livre d'Anne Delaflotte Mehdevi et Lenka Hornakova Civade.

Ce livre est fait du récit croisé de vingt ans de vie de deux femmes, l'une tchèque en France, et l'autre française en République Tchèque.  
Il parle de ceux qui sont partis un jour, de tous ceux qui rêvent de partir...

Pendant dix huit ans, s’écrivant chacune du pays de l’autre, la Tchécoslovaquie et la France, Lenka Hornakova Civade et Anne Delaflotte Mehdevi ont tissé leur amitié.
On lira ici leurs lettres qui interrogent, racontent et exposent depuis la chute du rideau de fer jusqu’à la mort de Havel à Prague. Chacune découvre la société de l’autre, sa culture « exotique », parfois perturbante, s’imprégnant de l’idée d’une Europe encore en devenir – le traité de Maastricht vient d’être voté. « L’Europe, remarque Lenka, c’est un peu comme la grammaire et ses exceptions. »
Cette correspondance croisée forme le récit alerte de l’amitié entre deux jeunes femmes se confiant leurs fous rires, leurs maternités, leurs rencontres, belles ou inquiétantes. Leur histoire débute quand Anne débarque à Prague en 1993 : « J’y suis enfin ! Ma vie pragoise commence. » En écho, de France, Lenka répond : « Paris, ah, Paris ! Comment ça sonne ! »

Vous pouvez retrouver ces informations en ligne (et acheter le livre) sur le site des éditions Non Lieu

Publication d'oeuvres de Jana Černá

mardi 15 juillet 2014, par Gilles

Jana CernaLe 28 août prochain, l'ouvrage "Pas dans le cul aujourd'hui", de Jana Černá, paraîtra aux éditions La Contre Allée. 

 Jana Černá a été l'une des personnalités marquantes de la dissidence tchécoslovaque: fille de Milena Jesenská (la célèbre Milena des Lettres de Kafka), elle est également l'auteure de "Vie de Milena", biographie intime de sa mère, dont la sortie est prévue le 9 octobre. 

Retrouvez plus d'information sur ces ouvrages, ainsi que la biographie de Jana Černá, sur le site des éditions La Contre Allée

Conférences de J. Typlt - Maison de l'Europe - 26 et 27 février 2014

dimanche 26 janvier 2014, par Wilfried

Flyer_JaromirTyplt_fevrier2014_VFmini.jpgL'AFTL a l'honneur de recevoir à Lyon le poète et artiste tchèque pour deux conférences sur les thèmes suivants :

mercredi 26 février à 20 h
les œuvres poétiques commentées par l'auteur
,

jeudi 27 février à 20 h
l'art brut tchèque à travers les oeuvres de Zdeněk Košek.

Les deux conférences se tiendront :

Maison de l'Europe et des Européens
242 rue Duguesclin, Lyon 2ème
.
Métro B Place Guichard - Bourse du Travail
Tram T1 Palais de Justice - Mairie du 3ème

Jaromír Typlt est un poète originaire de Bohême, qui s'intéresse également aux arts graphiques. Après des études de philosophie à l'Université Charles de Prague, il s'est occupé de galeries d'art contemporain et de photographies à Liberec. Depuis, il s'est tourné vers la promotion des arts plastiques bruts. Il a déjà publié plusieurs œuvres poétiques et explore d'autres types d'expression : sonores, audiovisuelles. Source : blog de J. Typlt .

Par ailleurs, l'AFTL vous convie également à un évènement organisé par la Maison de la poésie Rhône-Alpes, qui recevra J. Typlt le mardi 25 février à 20h dans le cadre de ses "Mardi de la Poésie".

Ces rencontres mensuelles se déroulent à deux voix (30 min de lecture/performance pour chaque auteur/artiste + 20 min de discussion avec le public). Il s'agit d'une carte blanche où les auteurs sont libres de choisir un thème, lire les écrits publiés ou quelques extraits de leurs chantiers en cours.

Maison de la poésie Rhône-Alpes
33 avenue Ambroise Croizat, 38400 Saint-Martin-d'Hères
Site internet

Un écrivain tchèque primé à Lyon

mardi 14 mai 2013, par Gilles

Le Prix Littéraire des Jeunes Européens sera remis le 23 mai prochain à Pavel Hak, écrivain tchèque, pour le roman Vomito negro.

Pavel Hak est né dans le Sud de la Bohême en 1962. La difficulté à vivre dans l’ex-Tchécoslovaquie le pousse à émigrer en France, dont il admire la littérature, et à adopter la langue française comme langue d’écriture. Il a publié à ce jour cinq romans remarqués dont Sniper et Trans.

Cette remise de prix aura lieu en présence de l’écrivain et de Véronique Olmi, marraine de l’édition 2013. le 23 mai de 17h30 à 20h, à la bibliothèque de la Part Dieu (entrée libre)

Plus d'informations sur le site de la Bibliothèque Municipale de Lyon

"La Célébration", traduction du roman d'Ivan Matoušek

mercredi 20 mars 2013, par Wilfried

celebration_matousek.jpgSorti en janvier 2013 aux Éditions Noir sur Blanc, le roman "La Célébration" ("Oslava") d'Ivan Matoušek est désormais disponible en langue française. Ce roman a été publié pour la première fois en langue tchèque en 2009.

Il a remporté le prix Magnesia Litera (prix littéraire tchèque).

Un roman, trois points de vue : un père à la fin de sa vie et son fils étudiés dans leur ultime relation autour d'une occupation commune, la traduction du Procès de Kafka.

Plus d'infos sur le site des Éditions Noir sur Blanc...

Exposition sur la BD tchèque au DOX à Prague

dimanche 3 mars 2013, par Wilfried

dox_BD2013.jpgDu 8 mars au 3 juin 2013 se tient au Centre de l'art contemporain DOX une exposition sur la bande dessinée tchèque. L'exposition s'intitule "Signály z neznáma. Český komiks 1922 - 2012" ("Signaux de l'inconnu. Bandes dessinées tchèques 1922 - 2012").

Source : Site du DOX .

signaly_banner2013.jpg

Il existe un livre homonyme qui retrace cette histoire de la bande dessinée tchèque.

Voir les infos
sur l'ouvrage...

Un peu de poésie par Alena Meas...

mercredi 20 février 2013, par Wilfried

maes obalka.inddLes Éditions À verse ont publié, en septembre 2012, Piliers (Pilíře), le premier recueil de poésie d’Alena Meas, jeune poète franco-tchèque. Le recueil rassemble une vingtaine de poèmes écrits en français entre 2005 et 2010, puis traduits en tchèque, langue maternelle de l’auteur.

Dossier de presse incluant notamment la biographie de l'auteur et des extraits du recueil.

Site des Éditions À verse.

Le 17 février dernier, une émission radio de France Culture était consacré à l'auteure et à son recueil. Les détails et l'émission elle-même sont disponibles sur le site de la radio .

Merci à Viviane pour cette découverte.

1 timbre, 1 histoire : Eva Bednářová

vendredi 1 février 2013, par Wilfried

bednarova1.jpgbednarova2.jpg
Timbre émis en 1971 à l'occasion de la Biennale de l'Illustration Bratislava (site de la BIB), l'un des plus célèbres concours international récompensant les meilleurs illustrateurs de littérature enfantine.

Ce timbre rend hommage à l'oeuvre d'Eva Bednářová. Eva Bednářová (1937-1986) était une artiste tchécoslovaque qui a illustré de nombreux livres pour enfants et notamment des recueils de contes. Elle a été primée pour son œuvre et a reçu le Grand Prix de la BIB en 1969 et un prix de l'International Board on Books for Young people (site de l'IBBY).

Les illustrations de cette artiste sont visibles par exemple dans les ouvrages suivants :
- Knoflíková Pohádká (Contes des boutons) ;
- Contes chinois, 1969 ;
- Contes du Tibet, 1974 ;
- Contes de Charles Perrault et de Madame d'Aulnoy 1978.

Pour plus d'infos sur le sujet, voir le site de la Maison Internationale de l'Art pour les Enfants (BIBIANA), institution fondée en 1987.

Cairns "République Tchèque" aux Adrets - festival de l'Arpenteur

vendredi 22 juin 2012, par Marie-France

L'association Scènes Obliques des Adrets en Belledonne (à 25 minutes de Grenoble) organise entre le 29 juin et le 14 juillet une "rencontre internationale de proximité" dédiée à la République Tchèque, dans le cadre du projet cairns et du festival de l'arpenteur.

Au programme : des ateliers de lecture, plusieurs rencontres autour du travail du photographe Bohdan Holomicek, du théâtre (notamment au travers d'un hommage à Vaclav Havel) et de la musique.

télécharger le programme complet

La Tchéquie celébre 100 ans depuis la naissance du roi de l'enfance et de la poésie

mercredi 7 mars 2012, par Gilles

Prague – vendredi dernier, l'un des artistes tchèques les plus célèbres, Jiří Trnka, aurait eu cent ans. Il était un artiste talentueux et polyvalent alors qu'il était extrêmement travailleur.

Le poète légendaire français, peintre et cinéaste Jean Cocteau disait de lui: "Trnka - c'est le royaume de l'enfance et de la poésie."


Trnka est né à Plzeň-Petrohrad et son grand talent artistique s'est développé chez lui depuis l'enfance. Il a été également considérablement influencé par le professeur Skupa, à l'époque enseignant d'art à l'école secondaire à Plzeň. Trnka était fasciné par le théâtre de marionnettes. A l'initiative de son professeur Skupa, il a changé d'école pour rejoindre l'école d'arts appliqués à Prague, où il a crée pour son théâtre de nombreuses marionnettes. A vingt-quatre ans, il dirigeait sa propre scène de marionnettes appelée Théâtre de Bois, et a plus tard collaboré avec le Théâtre National de Prague comme metteur en scène et concepteur de costumes. Trnka.jpg

Le Théatre de Bois a présenté également la première appelé Entre les Petites Bestioles, basé sur les motifs du livre de Jan Karafiát. Le Théâtre de Bois a terminé dans la poubelle de l'histoire, mais les illustrations de Trnka du livre des Petites Bestioles de Karafiát ont approrté à Trnka la célébrité. Parmi les autres livres qu'il a illustrés, rappelons par ex. Le Bethléem Tchèque, les Contes des Mille et Une Nuits, les Contes de Hans Christian Andersen, les Contes des Frères Grimm 1961, Les Vieilles Légendes Tchèques, Fimfárum de Jan Werich etc. Trnka lui même a écrit et illustré le livre Le Jardin (1962), qui a été également repris en film. En 1939, ses illustrations du livre de contes de fée Míša Kulička sont devenues l'événement sur le marché du livre. Cette même année, il a commencé à travailler avec le Théâtre Libéré, où il a mis en scène la pièce Ciel sur Terre et a gagné au Théâtre National le concours du meilleur décor pour Libuše de Smetana.


Trnka s'adonnait aussi à la réalisation de films d'animation. Après la Seconde Guerre mondiale il a contribué à fonder le fameux studio d'animation Bratři v Triku. Il a crée dans ce studio de nombreux films: Špalíček, le Rossignol de l'Empereur, Bethléem, etc.
Parmi ses films animés les plus importants on trouve Bajaja et Vieilles Légendes Tchèques.
Il a crée les costumes pour plusieurs films historiques, tels que Les Contes de Čapek, Le Boulanger de l'Empereur, L'Empereur du Boulanger, Jan Hus, Jan Žižka et Contre Tous. En 1964, il a créé la séquence d'animation du film parodique de Lipský Limonádový Joe aneb Koňská opera.


Ses films ont gagné des prix à de nombreux festivals internationaux, entre autres il a gagné le prix Hans Christian Andersen ou le prix Melliés pour le meilleur film animé. Les critiques lui ont donné le surnom de Walt Disney de l'Orient.
Jiří Trnka est décédé après une longue maladie le 30 Décembre 1969 à Prague à l'âge de cinquante-sept ans seulement. La Banque nationale tchèque commémore aussi le centenaire de la naissance de Jiří Trnka, en réalisant et mettant en vente début Février des pièces de monnaie commémoratives en argent pour une valeur de 500 couronnes. La pièce montre les motifs proches de Jiří Trnka. Sur l'envers se trouve une figure d'elfe en mouvement du film de Trnka Le Songe d'une Nuit d'Eté, et sur le verso se trouve le portrait de l'artiste.

Source : Fuk, EuroZprávy.cz, mediafax
Traduit par Eliška
Voir l'article original en tchèque

Josef SKVORECKY

vendredi 2 mars 2012, par Adéla

Lu dans TELERAMA 3240 du 15 février 2012

skvoreckyx.jpgLe Tchèque Josef Skvorecky est mort le mois dernier, à 87 ans. Cet humaniste avait émigré au Canada à la fin du printemps de Prague.

Son oeuvre est centrée sur les années d'occupation de la Tchécoslovaquie par les Soviétiques. Miracle en Bohême est le dernier volet d'une trilogie commencée avec Les Lâches et L'Escadron blindé. Prenant prétexte d'un fait divers des années 1950, Skvorecky raconte une manipulation policière destinée à supprimer I'Eglise.

A travers une multitude de portraits acides, il décrit une société décomposée et cynique. Milan Kundera a dit que Miracle en Bohême était "I'unique oeuvre qui donne une vision d'ensemble de I' invraisemblable histoire du printemps de Prague en même temps qu'il est imprégné, sous sa forme la plus authentique, de cette résistance sceptique qui représente le meilleur atout du peuple tchèque".

Mirakl, traduit du tchèque par Claudia Ancelo Ed. Gallimard, coll. L'lmaginaire 410p .,1 0€ .

Je recommande ce livre vivement à ceux qui ne l’ont pas encore lu.
(Paru en tchèque en 1972 chez « ’68 Publishers » à Toronto et en 1991 à Prague)

Radio Praha lui a consacré un article en janvier 2012. Cliquer sur Radio Praha pour l'article complet...

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R.U.R. - Rossum's Universal Robots de Karel ČAPEK

lundi 13 février 2012, par Gilles

380PX-_1.JPGIl était un temps où les robots étaient méchants, en digne héritiers du monstre créé par le Docteur Frankenstein, né de l’imagination de Marie SHELLY en 1818, qui malgré la conscience du bien et du mal qui lui avait insufflé son créateur, rejeté par le monde effrayé par sa terrible laideur, finira par détruire son père. Puis vinrent Lester DEL REY, en 1938, avec Helen O’Loy qui raconte l’histoire d’une femme-robot à l’apparence si parfaite qu’elle tombe amoureuse de son créateur et Otto BINDER qui, dans sa nouvelle I, Robot et les suivantes, met en scène l’androïde Adam Link, pétri d’amour et du sens de l’honneur. En 1940, Adam pensera : « Un robot ne doit jamais tuer un être humain selon son propre libre arbitre ».

En mai 1939, Isaac ASIMOV, au cours d’un rassemblement de la Queens Science Fiction Society, fait la connaissance de BINDER et écrit sa première histoire de robot sympathique, Robbie qui sera publiée quelques semaines plus tard. Cette histoire inaugure alors son anthologie intitulée Robots dans laquelle il va, peu à peu, au fil des pages, mettre en forme les trois lois de la robotique auxquelles doivent obéir tous les robots positroniques (c’est-à-dire les machines doté d’une unité centrale en platine et iridium constituant le cerveau incluant une forme de conscience notamment grâce aux trois lois obligatoirement incorporées).

Voilà ces lois :
1.Un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni, restant passif, permettre qu'un être humain soit exposé au danger.
2.Un robot doit obéir aux ordres que lui donne un être humain, sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la première loi.
3.Un robot doit protéger son existence tant que cette protection n'entre pas en conflit avec la première ou la deuxième loi.

Elles apparaîtront rassemblées dans le roman Runaround en 1942.

Rur_1st_ed_1920.jpgCes lois n'avaient pas encore été définies lorsque l'écrivain tchèque Karel ČAPEK écrivit en 1920 la pièce de théâtre R.U.R. - Rossum's Universal Robots, créée à Prague en janvier 1921, dans laquelle il employât, pour la première fois, le mot robot, du tchèque robota, corvée, travail, créé par son frère Josej ČAPEK, peintre et écrivain.  (ci-contre la couverture de la première édition de la pièce)

Karel ČAPEK revient, dans un article paru dans Lidové Noviny - Le Journal Populaire, le 24 décembre 1923, sur la genèse du mot :

« Zmínka prof. Chudoby o tom, jak se podle svědectví Oxfordského slovníku ujalo slovo robot a jeho odvozeniny v angličtině, mne upomíná na starý dluh. To slovo totiž nevymyslel autor hry RUR, nýbrž toliko je uvedl v život. Bylo to tak: v jedné nestřežené chvíli napadla řečeného autora látka na tu hru. I běžel s tím zatepla na svého bratra Josefa, malíře, který zrovna stál u štafle a maloval po plátně, až to šustělo.
"Ty, Josef," začal autor, "já bych měl myšlenku na hru."
"Jakou," bručel malíř (opravdu bručel, neboť držel přitom v ústech štětec).
Autor mu to řekl tak stručně, jak to šlo.
"Tak to napiš," děl malíř, aniž vyndal štětec z úst a přestal natírat plátno. Bylo to až urážlivě lhostejné.
"Ale já nevím," řekl autor, "jak mám ty umělé dělníky nazvat. Řekl bych jim laboři, ale připadá mně to nějak papírové."
"Tak jim řekni roboti," mumlal malíř se štětcem v ústech a maloval dál. A bylo to. Tim způsobem se tedy zrodilo slovo robot; budiž tímto přiřčeno svému skutečnému původci ».


« La note du professeur CHUDOBA au sujet de l'entrée en usage en anglais du mot robot et de ses dérivés d'après le témoignage du dictionnaire d'Oxford me rappelle une vieille dette. Le mot n'a en effet pas été inventé par l'auteur de la pièce RUR, il lui a seulement donné vie.
Ça s'est passé comme ça : dans un moment d'inattention, l'auteur trouva le sujet de la pièce. Il courut avec l'idée encore fraîche chez son frère Josef, le peintre, qui était sur un escabeau et peignait une toile à l'en faire frémir.
« - Dis, Josef, a commencé l'auteur, j'aurais une idée pour une pièce.
- Laquelle ? » a marmonné le peintre (il a vraiment marmonné car il avait en même temps, à la bouche, un pinceau).
L'auteur le lui dit le plus brièvement possible.
« - Alors écris-la », dit le peintre sans sortir le pinceau de sa bouche ou arrêter de peindre la toile. Son indifférence était presque outrageante.
« - Mais je ne sais pas, dit l'auteur, comment appeler les ouvriers artificiels. Je les appellerais bien laboři, mais ça me parait pas vraiment naturel.
- Alors appelle les robots », murmura le peintre avec le pinceau à la bouche, et il continua à peindre.
Et voila. C'est comme ça que le mot robot est né. Qu'il soit rendu à son véritable initiateur ».

Je remercie vivement Eliška pour la traduction

Considéré comme le plus grand écrivain écrivain tchèque de la première moitié du XXe siècle, il est né le 9 janvier 1890 à Male Svatonovice u Trutnova en Bohême du Nord. Un site tchèque, avec une traduction en français et en anglais, lui est consacré ICI.

Wpa-marionette-theater-presents-rur.jpgL'article en français que lui consacre Wikipedia fait de lui l'un des précurseur de la science-fiction, à travers notamment R.U.R. et La guerre des salamandres (Válka s Mloky - 1936) qui lui attirât les foudres d'Hitler pour avoir ridiculisé le national-socialisme. Ami de Tomaš Garrigue MASARYK, il revendiqua l'indépendance de son pays à la suite de l'invasion par les troupes allemandes de la Tchécoslovaquie en application des accords de Munich de 1938. La maladie l'emporta dans sa lutte le 25 décembre 1938 à Prague. Si la mort délivra Karel ČAPEK des foudres du nazisme, celles-ci s’abattirent en représailles sur son frère Josef qui subira un internement en camp de concentration à partir de 1939 et mourra en avril 1945 dans le camp de Bergen-Belsen.

Opposé à tous les totalitarisme, son article écrit en 1924 Pourquoi je ne suis pas communiste, lui vaudra une mise à l'index par les Communistes parvenus au pouvoir à Prague par le Coup (d'état) de février 1948.

428px-Male_Svato_ovice_-_brat_i__apkove.jpgLa première traduction de la pièce en français due à Hanuš JELINEK est parue dans les Cahiers dramatiques, N° 21, du 1er octobre 1924 et Jacques HEBERTOT la programma à l'affiche du Théâtre des Champs-Elysées la même année. La critique salua un « drame utopiste » selon ČAPEK « qui comptait R.U.R. parmi ses moralités allégoriques : des contes en manière d'avertissement à une humanité qui se met en danger par la poursuite aveugle de progrès techniques et de performances économiques au détriment des valeurs purement humaines » selon Brigitte MUNIER (in R.U.R., préface, Éditions Minos La Différence, 2011). (à droite, Karel et Josef ČAPEK à Male Svatonovice u Trutnova - République Tchèque)

La pièce contient un prologue et trois actes, situés dix ans après celui-là. Dans le prologue, l'auteur raconte comment ROSSUM, un savant génial mais fou, isolé sur une île, se lança « dans l'imitation de la nature » en créant un chien artificiel puis décida de reproduire l'homme « pour prouver qu'on pouvait se passer de Dieu » : le robot était né. Son neveu industrialisa la production des robots pour finalement aboutir à des ouvriers ayant le minimum d'exigences pour rentabiliser son travail au maximum. Hélène, représentante de la Ligue de l'Humanité, rend visite à l'usine ROSSUM pour vérifier si les robots sont bien traités comme des hommes dans l'espoir de les libérer de leurs conditions d'esclaves du travail.

RUR_03.jpgDix ans plus tard, Hélène et Domin, le directeur de l'usine, son mari, vont assister à la révolte des robots qui, bien que conçus avec « une étonnante intelligence rationnelle (...) n'ont pas d'âme » ont pris conscience de l'iniquité de leur conditions laborieuse et, devant l'humanité devenue oisive et avilie au point de ne plus se reproduire décident de l'anéantir.

En lisant ce texte aujourd'hui, il serait facile de regarder ČAPEK comme un visionnaire qui aurait prédit en 1920 tout à la fois le clonage animal (en attendant le clonage humain) et les ordinateurs (inventés par John von NEUMANN seulement en 1945). Mais cette pièce de théâtre va au-delà de l'utopisme de ČAPEK qui puise la puissance de son actualité dans l'absence de positionnement de l'histoire dans le temps, dans l'avenir par rapport à 1920, contrairement à WELLS ou ORWELL : l'auteur met en scène un grand classique de la tragédie, la création par un génie d'un être intelligent mais privé d'âme qui finit par lui apparaitre dans toute l'horreur de sa monstruosité. La créature, douée de raison, prend conscience de son état de supériorité mais aussi du terrible abaissement dans lequel elle est maintenue par les hommes qui ne voient en elle qu'une machine : elle sombre alors dans la révolte et déclenchez la guerre contre l'humanité.

ČAPEK est un écrivain tchèque, pétri de la culture si particulière de l'ancien royaume de Bohême, qui ne peut renier le mythe qui habite encore les rues de Prague : le Golem du Rabbi Loew de la tradition juive qui devait venir sauver la communauté agressée par le siècle. Cette légende du XVIe siècle fut remise en forme au XIXe siècle, un siècle industriel, laborieux et révolutionnaire pour dénoncer le divorce entre le progrès scientfique porté au pinacle et l'abandon de l'amélioration de la condition morale et sociale des hommes. ČAPEK avalise ce hiatus en créant le Robot, du tchèque robota, corvée et en lui assignant la tâche exclusive de délester l'homme de sa fonction travail : c'est bien pour répondre à un appétit insatiable d'accroissement de la richesse que les robots prennent la place de l'homme dans les usines pour finalement prendre sa place tout court. Si le travail a rendu l'homme esclave de son goût de la richesse, il a aussi libéré les machines de l'emprise humaine. R.U.R. est le maillon d'une longue chaîne qui commence avec Mary SHELLEY et son Frankenstein au début du XIXe siècle et se poursuit de nos jours avec le foisonnement de la science-fiction qui met en scène les combats hommes/machines.

La pièce n'est pas exceptionnelle mais elle a le mérite insigne d'avoir nommé la création de l'homme qui l'effraie sans doute le plus aujourd'hui, d'avoir donné un visage humain à une peur ancestrale : l'anihilation de la race supérieure, la race humaine. L'homme a fait une créature à son image comme Dieu a créé l'homme à son image mais l'homme a peur du monstre qu'il a face à lui, l'homme a finalement peur de lui-même. Le robot qui se croit supérieur à l'homme ne cherche qu'à lui ressembler. Le chef des robots, Damon, crie : « Il faut régner et tuer pour être comme des hommes. Lisez l'histoire ! Lisez les livres des hommes ». L'homme est face à son miroir quand il regarde le robot mais ce miroir lui renvoie non seulement son image mais surtout la noirceur de son âme perdue dans un maëlstrom d'idéologies haineuses et destructrices, d'avidité de richesses ou dans la course à un progres scientifique niant l'homme.

Aujourd'hui, au XXIe siècle, cette pièce a un écho plus puissant au tréfond de notre nature parce que nous connaissons les ordinateurs et leur développement. Bien que nous sachions que ces machines n'exécutent que ce pour quoi elles ont été programmées, une crainte indicible, sourde, se fait jour en nous, même si nous n'osons l'avouer : quel usage fera-t-on de leurs capacités ?

Un fac-simile de la pièce originale en tchèque est disponible ICI.

Radio Praha a publié en 2008 un article au sujet de la pièce. Cliquer sur Radio Praha pour l'article complet...

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« Pravda a láska musí zvítězit nad lží a nenávistí » - « La vérité et l’amour doivent triompher de la haine et du mensonge » Vaclav HAVEL

jeudi 12 janvier 2012, par Gilles

Depuis la disparition de Vaclav HAVEL, le 18 décembre 2011, les articles rendant hommage à l'opposant politique, au combattant et à l'écrivain, fleurissent un peu partout. On se rend compte que l'écrivain est finalement assez mal connu, en France notamment. Radio Praha a consacré plusieurs sujets au président défunt. Le dernier est intitulé "Amour, vérité et autres "petits" mots de Václav Havel" et regroupe des paroles de Vaclav HAVEL. Pour ne pas pas l'oublier...

Extrait d'un article de Radio Praha

« Sans aucun doute, que ce soit sur Radio Prague, dans les médias tchèques et internationaux, tout ou presque a été dit sur Václav Havel, sa vie et son œuvre, dans la semaine qui a suivi sa mort, le 18 décembre dernier. Depuis, après s’être pratiquement arrêtée l’espace de quelques jours, du moins en République tchèque, la vie, fêtes de fin d’année aidant, a repris son cours. Pour nous, l’événement de son décès, aussi triste soit-il, n’en reste pas moins l’occasion de revenir sur les mots et petites phrases prononcés par Václav Havel depuis l’éclatement de la révolution, fin 1989, qui a entraîné la chute du régime communiste et l’arrivée à la tête de l’Etat tchécoslovaque puis tchèque de l’ancien dissident… Autant de mots et de phrases qui resteront gravés dans l’histoire… »

Cliquer sur Radio Praha pour l'article complet...

Radio Praha

Sillages de KUNDERA

jeudi 11 octobre 2007, par Gilles

À l’occasion du colloque « Kundera Intempestif. Paradoxes d’une réception contemporaine » organisé les 11 et 12 octobre 2007 par l’équipe Lecture et Réception du Texte Contemporain/Passages XX-XXI (Université Lyon 2), la Villa Gillet propose :
François TAILLANDIER France
Adam THIRLWELL Royaume Uni
Eva ALMASSY Hongrie/France

Milan Kundera nous offre trois textes inédits que lira Angélique Clairand comédienne.

Table ronde animée par: Fabienne Dumontet, journaliste au Monde et enseignante à l’ENS-LSH/Lyon.

Eva ALMASSY est née en Hongrie et vit en France, dans les Yvelines. Elle écrit des romans dont Vo. (Gallimard, 1997), Tous les jours (Gallimard, 1999), Comme deux cerises(Stock,2001), des livres pour la jeunesse ! Autobiographie d’un fantôme sort à la rentrée à l’École des loisirs) et des fictions pour France-Culture (dont La dernière nuit d’Erzsébet Bathory). A France-culture, elle fait aussi partie de la joyeuse bande des Papous dans la tête.
« CHEZ GALLIMARD CES DERNIÈRES ANNÉES, LE CHINOIS DAI SIJlE, LA HONGROISE EVA ALMASSY, LA SLOVÈNE BRINA SVIT ONT TOUS ADOPTÉ LE FRANÇAIS COMME LANGUE D’ÉCRITURE, METTANT AINSI LEURS PAS DANS CEUX DE BECKETT, IONESCO, KUNDERA, SEMPRUN, MAKINE… »

Adam THIRLWELL est né en 1978. Il est rédacteur en chef adjoint d’Areté. Avant même sa parution, Politique, son premier roman (l’Olivier, 2004), a valu à Adam Thirlwell de figurer sur la liste des 20 meilleurs jeunes écrivains britanniques sélectionnés par Granta. Il a reçu le Betty TraskAward 2003. Il publie en 2007 au Royaume-Uni Miss Herbert (Jonathan Cape).
« AVEC HUMOUR ET BRUTALITÉ (…) ADAM THIRLWELL A ÉCRIT UNE SORTE DE PARODIE HARD DU ROMAN DE MILAN KUNDERA (…) L’IDENTITÉ (…) CE MAUVAIS GARÇON EST À LA FOIS AGAÇANT ET IRRÉSISTIBLE »

François TAILLANDIER est écrivain. Il a notamment publié aux éditions Stock: Anielka (grand prix du roman de l’Académie française, 1999), N6 (2000), Le cas Gentile (Stock, 2001), Option Paradis (2005) et Telling (2006) En 2007, il publie Il n’y a personne dans les tombes (Stock).
« LE FAIT DE MÊLER DES CONSIDÉRATIONS D’ORDRE SOCIOLOGIQUE À LA FICTION ROMANESQUE, CE N’EST NI HOUELLEBECQ NI MOI QUI L’AVONS INVENTÉ = C’EST KUNDERA »

Conférence littéraire sur Mazaryk

samedi 5 juin 2004, par Gilles

Le 5 juin 2004 au "Café de La Cloche" Soiré de présentation à Lyon, du livre d’Alain SOUBIGOU, une biographie de MASARYK 1850-1937 (chez Fayard), préfacée par V. HAVEL, en présence de l’auteur.

Le dernier café littéraire fut animé par Monsieur Alain Soubigou, docteur en Histoire et Maître de conférence à l’IEP. Il a choisi d’aborder un aspect de la vie de Masaryk qui nous concerne particulièrement aujourd’hui : Masaryk et l’Europe.

Il commence son exposé par une interrogation : Comment Masaryk peut-il être européen tout en étant le premier Président de la Tchécoslovaquie de 1918 à 1935 ?

Monsieur Soubigou nous parle alors de l’enfance de Masaryk, très marquée dès le départ par le plurilinguisme familial d’une mère tchèco-allemande et d’un père slovaque. Une ambiance mixte à laquelle s’ajouta une scolarité en langue allemande sous l’influence initiatrice de sa mère. On apprend aussi que Masaryk a acquis le sens du concret par une période d’apprentissages manuels et techniques.

Puis, il poursuivit ses études de Latin et s’orienta progressivement vers la Philosophie tout en étant précepteur dans des familles bourgeoises de Brno, puis de Vienne. Il eut alors la chance d’avoir accès aux livres afin d’approfondir sa connaissance du latin, de découvrir le grec…
Il s’intéressa ensuite à la cause des polonais dont il apprit la langue. Il apprit aussi le russe, puis le français en s’intéressant particulièrement aux écrits philosophiques du penseur Ernest Renan. Il en tira d’ailleurs de nombreux enseignements, notamment « d’avoir le courage de sa pensée » ce qui favorisa sa rupture avec le catholicisme durant une dizaine d’années.

Il décida alors de partir étudier en Allemagne à Leipzig, lieu de son importante rencontre avec l’américaine étudiante en Musicologie, Charlotte Garrigue en 1877 qui devint son épouse.

Il devint professeur d’université à Vienne, haut lieu de l’enseignement philosophique.

Puis, après quelques hésitations, il saisit l’opportunité d’aller enseigner dans la ville de province qu’était à l’époque Prague. Virage qui le transporte dans le milieu tchèque et qui s’avère particulièrement difficile. En effet, ses références philosophiques allemandes et sa maîtrise imparfaite du tchèque lui valent une première phase d’opposition des intellectuels tchèques. Il dénonça par la suite les incohérences des manuscrits tchèques de Zelena Hora, puis défendit la cause d’un juif accusé de l’assassinat d’une catholique, ce qui ne fit qu’amplifier le phénomène. Dès 1886, il devint l’Objet de la haine des nationalistes tchèques.

A l’aube de la première guerre mondiale, il apparaissait comme l’un des principaux destructeurs de l’empire austro-hongrois. Il dénonça les machinations de Vienne et proposa de repartir sur des bases saines. Mais après la déclaration de guerre, il s’aperçut que l’empire n’était pas réformable. Ce fut alors le point de départ de la Tchécoslovaquie.

Il s’exila et partit en périple en 1914. Il rencontra alors l’élite politique et intellectuelle autrichienne, hollandaise, italienne, française. Il créa à cette période le concept d’autodétermination des peuples, le droit et le devoir d’ingérence selon lesquels petites et grandes nations ont la même dignité.

Masaryk n’a toutefois pas senti se développer l’autoritarisme autour de la Tchécoslovaquie. Il refusait d’interdire le communisme et le nazisme en proposant de les combattre avec des armes d’une autre époque, celle du combat par les idées.

Masaryk parlait déjà d’une Europe en une nation. Cette vision fut d’ailleurs reprise par un journaliste en 1930 qui proposait Masaryk comme président des états unis d’Europe.

Bohumil Hrabal, écrivain tchèque

jeudi 11 mars 2004, par Gilles

Bohumil Hrabal (1914 - 1997) écrivain tchèque aimant son peuple et sa bière, est surtout connu pour ses romans Moi qui ai servi le roi d’Angleterre, La Chevelure sacrifiée, Trains étroitement surveillés et beaucoup d’autres. Bien qu’il ait débuté sa carrière d’écrivain assez tardivement, il est devenu un très grand romancier non seulement dans son pays natal mais aussi à l’étranger. Également connu à travers les adaptations cinématographiques de ses oeuvres, Hrabal a suivi les pas de son prédécesseur Jaroslav Hašek. Ainsi il a crée sa propre prose populaire.

Le palabreur tchèque
Traduit en français dès les années soixante, le palabreur tchèque a su conquérir les lecteurs français, notamment avec le roman Une trop bruyante solitude (1976), qui a été traduit dans plus de onze langues. Hrabal a dit à propos de ce roman "…c’est le premier livre de ma vie dont je suis satisfait ; je dirais même que je n’ai vécu que pour écrire ce livre. "
Un des thèmes principaux de ce roman est l’obsolescence. Le personnage principal, Hanta, un ouvrier, représentant d’une époque révolue, est en contact quotidien avec les livres condamnés à être pilonnés. Pour présenter son personnage Hrabal dit : " j’ai passé quatre ans à emballer du vieux papier. J’ai réuni ce Hanta, cet ouvrier, cet ivrogne, un homme instruit aussi, pour en faire ce personnage qui hante La Bruyante solitude"

Bande dessinée
Une adaptation expérimentale en bande dessinée par trois artistes lyonnais : le scénariste Lionel Tran, le dessinateur Ambre et la photographe Valérie Berge, témoigne de la force du roman. Cette forme littéraire très populaire en France reste cependant assez méconnue pour les lecteurs tchèques.

L’adaptation évoque essentiellement la lecture et la vision personnelle des trois artistes. Le roman à la base tragi-comique est repris surtout dans sa dimension dramatique. Les auteurs ont procédé en trois étapes.

D’abord le scénariste a dû choisir les passages du roman, les découper et les placer de manière à retrouver une cohérence et une logique dans sa trame narrative. Lionel Tran a opté pour une approche réaliste d’Une trop bruyante solitude, mettant en avant les deux thèmes majeurs du roman : la disparition d’une culture liée au livre et la disparition d’un monde ouvrier devenu obsolète.

"Le roman est un monologue dont le narrateur vit très peu de choses, il est essentiellement plongé dans ses pensées, ses souvenirs, d’où l’idée de restituer la subjectivité fluctuante du personnage."
Cette méthode peut rappeler celle de Hrabal qui découpait certaines parties de ses brouillons pour en faire ensuite des "collages".

Photographie 
Ensuite la photographe Valérie Berge a réalisé plusieurs séries de photos choisissant des lieux chargés d’émotions évoquant la vie et les sentiments du personnage. "J’ai essayé de faire en sorte que chacune des photographies soit dépositaire de souvenirs -personnels ou collectifs- liés à un sentiment de perte."

Ce travail a été fait à Lyon dans de vieux quartiers ouvriers de Vaise et de Villeurbanne. Lyon étant réputé pour sa ressemblance avec Prague. Enfin le dessinateur Ambre a travaillé directement d’après les photographies de Valérie Berge. A première vue son trait restitue une vision sombre, comme s’il voulait laisser pré sentir le destin tragique de Hanta, ses efforts inutiles pour sauver des livres, cet héritage culturel en passe d’être détruit. Cette idée est accentuée par une technique graphique utilisant la plume et l’encre, qui complète l’écriture et laisse le lecteur s’abandonner à sa propre interprétation. " Avec Une trop bruyante solitude j’ai cherché à faire quelque chose de très réaliste mais qui soit en même temps un espace mental. Nous sommes dans la tête de Hanta, dans sa perception.

La bande dessinée a été présentée dans le cadre de Bohemia Magica -saison de la culture tchèque en France- avec une exposition inédite tout d’abord à Lyon puis au Festival International de la bande dessinée à Angoulême, ainsi qu’au salon du livre de Bordeaux. Cette exposition plonge le visiteur dans l’univers mental de Hanta. A l’aide de décors incroyables, les auteurs ont su créer un espace mental qui guide le visiteur à travers les pensées et les sentiments de Hanta. Un lit avec un baldaquin constitué de milliers de livres sauvés du pilon, une arche de livres empilés, un cimetière de livres les uns sur les autres déjà "déchiquetés" ainsi qu’un film en images de synthèse restituant les visions alcooliques de Hanta, constituent les temps forts de cette installation. Plus le visiteur avance plus il est happé par un flot d’émotions rare.
"Le choix de nous concentrer sur ce que ressentait Hanta avait l’inconvénient de laisser beaucoup d’éléments visuels très forts de côté. Nous pensions au départ monter une exposition "classique", avec des planches et des photographies. La réalisation de l’album était déjà bien avancée quand nous avons réalisé qu’une telle exposition passerait à côté du projet. L’idée de matérialiser certaines des idées de Hrabal s’est aussitôt imposée : si notre album plongeait le lecteur dans la tête de Hanta, il fallait que l’exposition permette au spectateur de revivre cette expérience."

Au printemps 2004 Bohumil Hrabal fêterait son 90ième anniversaire. A cette occasion les auteurs souhaiteraient présenter leur bande dessinée tout comme l’exposition en République Tchèque. Ainsi ils voudraient partager avec le public tchèque leur adaptation, leur vision et les émotions que le roman a suscité en eux. La bande dessinée est éditée chez "Six pieds sous terre" et distribuée au niveau national dans la plupart des librairies généralistes et spécialisées en bande dessinée.